Day 4 – Chiapas : chez le sous commandant Marcos

Encore un réveil sympathique en ce premier dimanche d’août autour de 5h du matin.
On reprend la navette Toluca Mexico DF aéroport et on embarque destination Tuxtla Gutierrez, la capitale de l’état du Chiapas.
Une petite heure de vol sépare Mexico de Tuxtla. Nous avons voyagé avec la compagnie low cost nationale Interjet pour environ 80€ par personne.

Coincé à l’extrême sud du Mexique, avec en son sud la frontière avec le Guatémala, le Chiapas possède une bande de plusieurs centaines de kilomètres débouchant sur l’océan Pacifique.
Il est voisin à l’ouest des états du Oaxaca et de Véracruz, au nord de l’état du Tabasco, et est l’un des derniers états de l’est du Mexique avant la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique.

Connu aussi pour abriter l’un des joyaux de la civilisation maya : Palenque, et hébergeant le front de libération nationale de l’armée zapatiste qui porte à sa tête le populaire sous commandant Marcos.

carte Chiapas

carte Chiapas

Historiquement, c’est l’un des états du Mexique ayant lutté avec le plus de conviction non pour son indépendance mais pour son autonomie et celle en particulier des indiens du Chiapas.
Depuis l’arrivée des espagnols et l’évangélisation dans la force des populations mayas, jusqu’à très dernièrement le 1er janvier 1994, suite à la signature de l’Alena (accord commercial de libre échange entre le Mexique, le Canada et les Etats Unis) et la rebellion des troupes zapatistes du sous commandant Marcos, le Chiapas est un état qui dérange le pouvoir centralisé, qui fascine par ses convictions, son peuple, et dont les gisements en gaz et pétrole suscitent les convoitises.
Concrètement au moment de la signature de l’Alena, les troupes para-militaires zapatistes ont annexé et occupé les principales villes de l’état du Chiapas, dont la très touristique San Cristobal de las Casas, réclamant plus de soins, plus d’éducation, un meilleur partage des terres et la revalorisation du statut des indiens du Chiapas, au centre de la communauté… toujours les mêmes problèmes en sorte depuis le début du siècle et la révolution.
Cette période d’occupation du Chiapas fut aussi le moyen de pointer du doigt la mondialisation, dans son paradoxe de créer toujours plus de richesses sans les redistribuer équitablement.

J’ai d’ailleurs été frappé dès mon arrivée par la quantité d’indiens en tenue traditionnelle qui ont conservé des cultures héritées de leurs ancêtres mayas, symbole de cette culture et de sa diversité étant la quantité de langues parlées au Chiapas, parmi lesquelles le Tsotsil et le Tseltal.

Pour revenir à mon périple, nous atterrissons donc à Tuxtla Gutierrez autour de 14h et prenons une petite navette en direction de San Cristobal de las Casas.
1 heure de route où nous survolons le majestueux cañon del Sumidero (j’y reviendrai), des montagnes et d’immenses plaines verdoyantes, une averse tropicale de taille, et un brouillard hallucinant empechant de voir à plus de 5 mètres pendant une dizaine de kilomètres.
Ceci escortés par un chauffeur chaud comme la braise…

Ambiance mystère et forêt tropicale…

La très belle San Cristobal de las Casas, ville pleine de couleurs au charme colonial et au dédale de petites rues piétonnes étroites et pavées, est nichée au creux d’une vallée.
Elle compte environ 200.000 habitants, de très nombreuses églises et une belle cathédrale.
Il y règne une douceur de vivre où cohabitent paisiblement indiens des terres environnantes venues vendre leurs marchandises à la ville, universitaires, et touristes venus d’Europe et des Amériques.

cathédrale san cristobal de las casas

cathédrale san cristobal de las casas


san cristobal de las casas

san cristobal de las casas

Plusieurs petites rues sont piétonnes et interdites aux automobiles, remplies de bars, cafés, restaurants, boutiques ou petits musées.
On peut aisément y passer 2 jours pour la découvrir et la visiter, même si elle reste tout de même une petite ville.

San Cristobal

San Cristobal


petite place san cristobal

petite place san cristobal

L’une des originalités de San Cristobal pour moi aura été la circulation, puisque les rues sont numérotées, et qu’on ne circule que dans un sens étant donné l’étroitesse des rues. D’où la difficulté parfois de se frayer un chemin, d’atterrir où on veut, et de tracer un itinéraire dans la ville en fonction des sens de circulation!

Le soir dîner dans un petit resto fréquenté uniquement par des Mexicains. On ne se refuse rien : une parillada pour deux accompagnée d’une cervoise « à la mexicaine », la fameuse Michelada (préparation faite d’un mélange de sauce Tabasco, sauce anglaise Worcestershire, jus de citron vert, sel, et verre imbibé de sel).

parillada

parillada


michelada

michelada

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