On loue une voiture pour la durée de notre séjour dans le Chiapas, soit 4 jours, dans la seule agence de location de la ville, rue Diego de Mazariegos.
Avec un brin de négociation, on parvient à arracher un tarif de 550 pesos par jour soit 34€ pour une petite voiture mais en très bon état.
Et c’est parti en direction du cañon del Sumidero.
Il y a deux routes pour s’y rendre depuis San Cristobal de las Casas : la cuota, celle empruntée la veille avec la navette qui est payante, et la libre, un peu plus longue mais gratuite.
On prend l’option gratuite un peu par hasard et on se retrouve vite sur une route serpentueuse, pleine de virages, et à nouveau cet incroyable brouillard au milieu des hautes montagnes qui me laisse une visibilité très réduite pendant une vingtaine de kilomètres, et rajoute au mystère du Chiapas.
Mais la route libre vaut le coup : on traverse de minuscules villages peuplés d’indiens qui vivent de la culture du maïs et d’élevage de boeufs, de volaille ou de moutons, au milieu d’une végétation luxuriante d’un vert éclatant.
Puis on se remet à descendre de la montagne et après avoir traversé une petite ville on arrive enfin au canyon du sumidero.
La visite se fait sur une petite barque motorisée remplie par une douzaine de personnes et dure 2 heures et demie aller retour, sur une quarantaine de kilomètres. On n’a pas attendu plus d’un quart d’heure avant de prendre en place.
Le canyon du Sumidero est une rivière qui traverse le Chiapas et son état voisin du Nord, le Tabasco, pour finalement se jeter dans le Golfe du Mexique.
Le paysage et les bordures de rivière, d’abord assez plates, débouchent rapidement sur un canyon immense et des falaises majestueuses qui culminent à plus de 500 mètres de hauteur par endroit.
La rivière fait environ 100 à 150 mètres de large et le guide mexicain qui nous conduit nous arrête le plus souvent possible à côté de crocodiles paresseux mais imposants qui font la sieste sur les berges et dont les couleurs se fondent complètement à l’environnement ambiant.
Les falaises sont vraiment à pic et je me demande quel phénomène archéologique naturel a creusé cette rivière et ces falaises. Vu de haut, j’imagine que le canyon du Sumidéro doit ressembler à une entaille, à une encoche creusée au scalpel, et toute proportion gardée l’endroit m’évoque les gorges du Verdon et leurs falaises.
De nombreuses cascades jaillissent presque miraculeusement des falaises du canyon, dont la plus connue nommée au Mexique « el arbol de navidad » (l’arbre de Noël) pour la végétation qui se trouve immédiatement en dessous de la cascade, une sorte de mousse ou de lichen posé sur des strates de pierre qui l’une à coté de l autre font penser à la forme des branches d’un sapin.
L’eau de cette cascade a la particularité d’être très fine et de se transformer en petites gouttelettes, faisant l’effet au contact de la peau d’un spray!
Plusieurs grottes creusées naturellement dans la pierre sont à observer aussi au sein du canyon du Sumidéro.
Sur le chemin du retour on se prend une averse monumentale qui, avec la vitesse du bateau, nous fouette au visage! Tout le monde a la tête baissée et hâte de mettre pied à terre.
A l’arrivée, on se boit un coup dans un troquet du coin et je me mets à danser sur place au son d’un ragga mexicain entrainant, le dj se moque de moi gentiment et m’apostrophe pour aller danser au milieu du danse floor improvisé et je me défile! Ya nos vamos del cañon!
Retour à San Cristobal par la cuota autour de 19h.
Scène surréaliste dans le « restaurant » où on s’avachit après cette journée bien remplie : il n y a pas un chat, une des serveuses nous dévisage comme si elle n’avait pas vu un client depuis des décennies, et la patronne nous fait répéter 4 fois notre commande!
Une bonne scène à la mexicaine donc avec les ingrédients lenteur, incompréhension et fou rire.










